Partenariat CSSF - SnT

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Publié le jeudi 24 octobre 2019

Dans un monde où la rapidité et la fiabilité du traitement de données sont un enjeu majeur, la Commission de Surveillance du Secteur Financier (CSSF) et l'Université du Luxembourg, par l'intermédiaire du Centre for Security, Reliability and Trust (SnT), ont signé, le 24 octobre 2019, en présence de Pierre Gramegna, Ministre des Finances, un accord-cadre de partenariat. Celui-ci contribuera à positionner le Luxembourg en tant que centre européen d’excellence et d’innovation en matière d’intelligence artificielle appliquée au traitement de données financières.

Des besoins accrus en matière de sécurité et de fiabilité

En tant qu’autorité de surveillance du secteur financier, la CSSF est confrontée à des attentes accrues ; la société civile exigeant une optimisation de la prévention des risques en matière financière, les acteurs de la place financière une réactivité de tous les instants. « Face à ces défis, la CSSF a mis en place sa stratégie CSSF4.0, afin d’avancer le plus possible vers une surveillance en temps réel », déclare Claude Marx, directeur général de la CSSF. Cette stratégie amène le régulateur à investir fortement dans la formation de ses agents, à revoir ses processus de travail, mais également à recourir davantage encore aux nouvelles technologies digitales, fintechs et intelligence artificielle. L’accord de partenariat signé avec le SnT est à lire dans ce contexte.

« Cet accord nous offre une formidable opportunité de tirer parti de notre expertise en intelligence artificielle pour soutenir la stratégie d’innovation de notre partenaire. Travailler sur des projets concrets avec des entreprises nous amène à avoir un impact allant au-delà du monde académique, ce qui est très gratifiant », déclare Björn Ottersten, directeur du SnT. A ce jour, le SnT a conclu 14 partenariats dans le domaine des fintechs dont la plupart font appel à l’intelligence artificielle. Le centre de recherche est activement impliqué dans l'économie luxembourgeoise et collabore avec plus de 40 partenaires locaux ou étrangers des secteurs public et privé. Les résultats de ces projets de recherche communs apportent un avantage concurrentiel durable aux institutions et entreprises partenaires.

A Pierre Gramegna, Ministre des Finances, de commenter : « Je salue l'accord de partenariat que la CSSF et le SnT ont signé aujourd'hui pour mener des recherches communes. En s'engageant dans la recherche sur la manière d'exploiter les nouvelles technologies telles que l'intelligence artificielle, afin de rendre l'analyse et le traitement de la documentation des fonds ou des rapports réglementaires plus rapides et plus efficaces, la CSSF souligne non seulement son ouverture à l'innovation technologique, mais elle contribuera également à renforcer davantage encore la compétitivité de la place financière luxembourgeoise. »

Stéphane Pallage, recteur de l’Université du Luxembourg, déclare : « Nous sommes très fiers de ce nouvel accord de coopération. C’est un parfait exemple de l’engagement de l’Université envers le pays et son secteur financier. »

Une première application : l’automatisation du traitement de la documentation relative à des fonds d’investissement

L'accord-cadre de partenariat public entrera en vigueur le 24 octobre 2019 pour une durée de trois ans, reconductible par accord tacite. Le premier projet initié dans ce contexte s'intitule « Automated Compliance Checking and Query Answering for Fund Documents ». Il vise à recourir à l’intelligence artificielle pour extraire des informations de la documentation transmise par les gestionnaires de fonds afin d’en vérifier la conformité et d’en exploiter les données. « Nous avons récemment passé la barre du 40.000ème prospectus traité. 95% des informations qui y figurent sont standardisées. Au travers de ce projet, nous pourrons identifier les passages qui méritent une analyse approfondie et valider automatiquement les autres. Il nous permettra ainsi un traitement plus rapide de ces données tout en augmentant la qualité de leur analyse », précise Jean-Pierre Faber, membre du comité de direction de la CSSF.

Pour la réussite de ce projet, la CSSF mettra à disposition des experts du métier fonds d’investissement, ainsi que des experts informatiques. Le SnT, quant à lui, fera valoir son expertise dans le domaine de l'intelligence artificielle.

La documentation produite par les professionnels du secteur des fonds d’investissements sont semblables à chaque autre document, car ils font appel au langage commun, à savoir un langage extrêmement nuancé. L'utilisation des technologies de « machine analysis » est ainsi presque impossible, le recours à l'intelligence artificielle incontournable. Le défi pour les chercheurs du SnT sera ainsi de mettre au point des techniques avancées de traitement du langage commun et d'apprentissage automatique, afin de « traduire » le contenu de la documentation en data que les machines pourront lire et examiner, pour en vérifier la conformité et la cohérence, ainsi que le caractère intégral des données.

Il s'agit d'une véritable collaboration interdisciplinaire : « Nous verrons des experts des domaines de l'intelligence artificielle appliquée, de la vérification et de la validation des logiciels, et des experts du secteur de la finance travailler main dans la main dans le cadre d’un projet de recherche. L'objectif principal du projet sera de développer une technologie d'arrière-plan avancée capable de traiter des documents nuancés et de fournir aux agents de la CSSF une synthèse des données qui nécessitent leur attention », déclare le Dr Domenico Bianculli, chercheur en charge de ce projet.