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La santé des adolescents : le rapport HBSC sur les données de 2018

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Publié le lundi 19 avril 2021

Le rapport sur l’enquête internationale HBSC (Health Behaviour in School-aged Children) 2018 vient d’être publié. L’enquête HBSC est organisée tous les quatre ans sous l’égide de l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS). Impliquant plus de 45 pays, elle permet d’établir une image précise de la santé et des comportements de santé des adolescents. L’enquête « HBSC Luxembourg » est réalisée en collaboration entre le ministère de l’Éducation nationale, de l’Enfance et de la Jeunesse, le ministère de la Santé et l’Université du Luxembourg. Le Dr Andreas Heinz coordonne la recherche au niveau de l’Université du Luxembourg.

Le rapport met en évidence les développements antérieurs à la pandémie de COVID-19. À la lumière de la crise sanitaire actuelle, il est capital de disposer d'informations fondées sur des preuves concernant les perceptions et les comportements des adolescents en matière de leur santé. Les résultats du rapport contribuent à identifier les groupes d’enfants et d’adolescents à risque, disposant de peu de ressources personnelles et sociales pour faire face à des situations difficiles.

Les conclusions principales sont les suivantes :

  • La santé mentale des adolescents s'est détériorée au fil du temps. Ainsi, la prévalence des plaintes de santé a augmenté de 34,8% en 2006 à 40,1% en 2018.
  • Diminution des harcèlements au fil du temps : victimes de harcèlements de 13% en 2006 à 8,2% en 2018 / auteurs de harcèlements de 13,6% en 2006 à 4,3% en 2018.
  • Le surpoids et l'obésité sont devenus plus fréquents, passant de 14% en 2006 à 19% en 2018.
  • Diminution de l’activité physique chez les élèves. La barre redescend en 2018 à 35,2% des élèves qui pratiquent une activité physique au moins 4 fois par semaine, passant ainsi en-dessous de la barre de 39,6% en 2006.
  • La consommation d’alcool et de tabac a diminué au cours des années.
  • La consommation de cannabis a diminué chez les plus jeunes, mais a augmenté chez les plus âgés de 17 et 18 ans.
  • 65% des élèves disent aimer l’école. Cependant, 40% des élèves se sentent quelque peu, voire très stressés par le travail scolaire. Le nombre de jeunes qui trouvent facile d’échanger avec un de leurs parents sur leurs inquiétudes a légèrement augmenté.

En général au Luxembourg, comme dans de nombreux pays, le statut socioéconomique des parents joue un rôle dans la santé des adolescents. Pour la majorité des indicateurs analysés, les jeunes issus de milieux socioéconomiques favorisés montrent des résultats plus favorables. Une exception existe pour le stress scolaire et l’insuffisance pondérale : ici les élèves plus favorisés socioéconomiquement sont les plus touchés.

Si on peut constater un comportement plus défavorable à l’égard de leur santé, les garçons rapportent toutefois un meilleur état de santé que les filles.

L’analyse suggère qu’en général, les plus jeunes (11-12 ans) ont des résultats plus favorables que les groupes de jeunes plus âgés. Le harcèlement et les bagarres sont la seule exception à ce tableau.

Au niveau international, les élèves du Luxembourg se situent souvent au milieu du classement. Comparés aux jeunes d’autres pays, les adolescents au Luxembourg utilisent plus souvent de contraceptifs et se brossent plus souvent les dents. En revanche, ils sont plus souvent en surpoids, les filles pratiquent moins de sport et les plus jeunes participent plus souvent à des bagarres.

Le rapport HBSC 2018 peut être téléchargé sur le site www.hbsc.lu ainsi que sur le Portail santé www.sante.lu

 

Les points forts du rapport 

La santé mentale des adolescents s'est détériorée au fil du temps.

Les plaintes psychosomatiques comme la nervosité, la douleur ou les difficultés à s’endormir sont considérées comme des indicateurs de santé mentale. Au Luxembourg, comme dans beaucoup d'autres pays, on observe une augmentation des plaintes de santé psychosomatiques multiples, qui se manifestent chaque jour ou plusieurs fois par semaine. La prévalence a augmenté de 34,8% en 2006 à 40,1% en 2018. Ce sont 49 % des filles et 31 % des garçons au Luxembourg qui sont affectés. Chez les filles, on observe une forte augmentation avec l’âge (de 38% chez les filles de 11-12 ans à 59% chez les filles de 17-18 ans).

Diminution des harcèlements au fil du temps. En 2018, 8% des élèves ont été victimes de harcèlements.

Bien que la proportion d’élèves victimes ou auteurs de harcèlement ait diminué au fil des ans, 8,2% des élèves ont été harcelés au moins deux fois par mois à l’école et 4,3% ont harcelé d’autres élèves à l’école. Les élèves de l’enseignement fondamental et de la voie de préparation de l’enseignement général reportent plus souvent des expériences d’harcèlement. 2,6% déclarent avoir été harcelés en ligne au moins deux fois par mois et 3,2% des élèves déclarent avoir eux-mêmes harcelé quelqu'un en ligne. Les résultats des adolescents du Luxembourg ne diffèrent guère de la moyenne de tous les pays de l’enquête HBSC.

Si entre 2006 et 2014, on constate une baisse générale du nombre d’élèves qui déclarent avoir été impliqués dans une bagarre au moins une fois au cours de l’année écoulée, l’enquête de 2018 montre une augmentation par rapport à celle de 2014, en particulier chez les garçons et dans les écoles fondamentales.

Le surpoids et l'obésité sont devenus plus fréquents.

Le nombre d'adolescents en surpoids a augmenté au fil de temps, passant de 14% en 2006 à 19% en 2018. Aussi, la proportion d’élèves en surpoids augmente avec l’âge. 12% des adolescents étaient en sous-poids. Alors que les garçons sont plus concernés par le surpoids, de même que les élèves issus de familles moins aisées, les filles et les élèves issus de familles plus aisées sont plus concernés par le sous-poids. 39,4% des filles se considèrent en surpoids, elles ne sont en réalité que 15,5% à l’être. Les garçons par contre sont plus susceptibles de sous-estimer leur poids. On constate donc une perception corporelle erronée aussi bien chez les filles que chez les garçons.

Diminution de l’activité physique chez les élèves.

En 2018, 35% des élèves pratiquent une activité physique au moins 4 fois par semaine pendant leur temps libre. Dans l'ensemble, les garçons sont plus susceptibles d’être actifs que les filles, mais plus les filles et garçons sont âgés, moins ils font du sport. Alors que la proportion d’élèves pratiquant un sport augmente entre 2006 et 2010 (de 39,6% à 43,5%) pour se stabiliser en 2014, en 2018, elle redescend à 35,2%, passant ainsi en-dessous de la barre de 2006. Cette tendance est à peu près la même pour les deux sexes, avec en général des niveaux plus faibles pour les filles. 

La consommation d’alcool et de tabac a diminué.

L’enquête HBSC 2018 montre que 13% des élèves rapportent avoir fumé des cigarettes et 29% avoir bu de l’alcool au cours des 30 derniers jours avant l’enquête. De plus, 22% des élèves affirment avoir été ivres au moins une fois dans leur vie. La fréquence de consommation augmente avec l’âge. Les garçons sont largement plus nombreux à avoir été ivres que les filles et commencent à consommer de l'alcool bien plus tôt qu’elles. En comparaison avec la situation de 2006, les élèves fument et boivent nettement moins en 2018. Les résultats des adolescents du Luxembourg ne diffèrent guère de la moyenne de tous les pays de l’enquête HBSC.

La consommation de cannabis a diminué chez les plus jeunes, mais a augmenté chez les plus âgés.

L’âge moyen du consommateur a changé au fil des années : chez les plus jeunes (15 ans) la proportion de consommateurs a diminué, alors qu'elle a augmenté chez les plus âgés (17-18 ans). La consommation de cannabis augmente très fortement avec l'âge et les garçons plus âgés sont plus nombreux à consommer du cannabis que les filles plus âgées. Néanmoins, on constate une augmentation de la proportion des filles plus âgées qui ont essayé le cannabis. Les résultats des adolescents du Luxembourg ne diffère guère de la moyenne de tous les pays de l’enquête HBSC.

Attitudes à l'égard de l'école et soutien social.

65% des élèves disent apprécier l’école, cependant ce pourcentage diminue avec l’âge des élèves. 40% des élèves se sentent quelque peu, voire très stressés par les devoirs. Ce sentiment est plus fréquent chez les filles et les élèves plus âgés. Le climat scolaire est principalement évalué comme étant bon (52%) ou très bon (25%). Plus d’un élève sur deux (55%) estime que la relation avec ses professeurs est bonne ou très bonne. Cette proportion diminue avec l’âge.

49% des élèves se sentent soutenus par leur famille à un degré très élevé, tandis que seulement 3% se sentent soutenus à un degré très faible. Au fil du temps, nous notons une augmentation du pourcentage d’élèves qui estiment « facile » de parler de leurs inquiétudes à un de leur parent. 44% des élèves se sentent soutenus par des amis à un degré très élevé, seulement 3% se sentent soutenus à un degré très faible.

© Photo: Jeswin Thomas from Pexels