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Doing Identity in Luxemburg

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Publié le mercredi 07 juillet 2010

Université présente la première étude portant sur les milieux – il s’agit d’un des volets de la nouvelle publication « Doing Identity in Luxemburg ».

Au Luxembourg, ce qui compte, c’est l’éthique de la réussite et les valeurs bourgeoises

Le milieu méritocratique constitue le premier groupe socioculturel luxembourgeois. Il représente presque un tiers de la population résidant au Luxembourg, ce qui est une particularité par rapport à d’autres pays européens. Le fait d’avoir confiance en ses capacités, les vertus bourgeoise et un faible engagement critique envers la société sont des caractéristiques très répandues au sein de ce groupe. Le travail, quant a lui, est considéré comme étant un environnement propice à l’épanouissement personnel. Il s’agit là d’un des résultats de la première étude des milieux au Luxembourg, réalisée par des chercheurs et chercheuses de l’Université du Luxembourg.

Cette étude des milieux fait partie d’un projet de recherche plus vaste portant sur les questions d’identité développé par l’Université du Luxembourg. Les résultats ont été compilés dans un livre intitulé « Doing Identity au Luxembourg : appropriations subjectives – attributions institutionnelles – milieux socioculturels ». Ce projet de recherche financé par l’Université, lancé en 2006, a été conduit par les chercheurs de l’unité de recherche IPSE (« Identités, Politiques, Sociétés, Espaces ») de la faculté de lettres. Selon le responsable de l’IPSE, Prof. Dr. Christian Schulz, « [ce] projet a permis de créer un cadre de travail interdisciplinaire exceptionnel, réalisé par nos chercheuses et nos chercheurs ». Sous la direction du Prof. Dr. Schulz et la coordination du Dr. Rachel Reckinger et de Christian Wille, une vingtaine de doctorants, collaborateurs scientifiques et professeurs issus de dix disciplines différentes, parmi lesquelles langue et littérature anglaises, études de genre, géographie et aménagement du territoire, langue et littérature allemandes, histoire, communication interculturelle, langue et littérature luxembourgeoises, sciences des média, étude des langues et littératures romanes, sociologie et arts visuels, ont participé au projet.

« Doing Identity in Luxemburg » est un volume exhaustif de presque 300 pages qui met en évidence certaines facettes d’une société peu étudiée jusqu’à présent. L’équipe d’auteurs a non seulement enquêté sur neuf milieux différents mais également fait ressortir la façon dont les identités se développent à travers la langue, les espaces, l’image de soi et des autres, ainsi qu’au niveau de la culture quotidienne.

Les navetteurs devraient comprendre le luxembourgeois

Dans le cadre de ces travaux, une enquête a révélé que le plurilinguisme est généralement perçu de façon très positive et comme étant une source d’enrichissement culturel pour le Grand Duché. Toutefois, la majorité de la population résidant au Luxembourg estime que tous les habitants devraient avoir une maîtrise active du luxembourgeois. Par ailleurs, les chercheurs ont pu constater que presque trois quarts des étrangers installés au Luxembourg partagent cet avis.

Luxembourg – le cœur singulier de l’Europe?

L’étude des images touristiques a permis aux chercheurs de constater que la diversité et les singularités à l’échelle de la ville, de la région ou bien du pays sont mises en avant mais qu’elles peuvent entraîner des contradictions. Ainsi, la représentation qui est faite du Luxembourg cherche toujours à accentuer la position centrale du pays, situé au « cœur de l’Europe ». Cependant, cela ne traduit pas forcément une importance là encore centrale dans les domaines économique, politique et culturel. La localisation géographique centrale attribuée au pays du point de vue de l’accessibilité (par exemple le trafic ferroviaire) peut elle aussi aisément susciter la controverse.

Ambivalence au quotidien

Parmi les sujets de culture quotidienne étudiés, on retrouve la façon dont la population résidente perçoit les frontaliers, l’image qu’elles ont des rôles liés aux genres ou encore les opinions dominantes en matière d’alimentation.

Les positions exprimées vis-à-vis de ces thématiques sont souvent profondément ambivalentes. Ainsi, les frontaliers sont considérés importants pour l’économie du pays alors qu’en même temps on déplore leur manque de connaissances de la langue luxembourgeoise. En ce qui concerne les questions de genre, si la majorité des personnes interrogées agissent visiblement selon l’idéal d’égalité, les modèles traditionnels demeurent bien ancrés. Selon les résultats de l’étude, cette ambivalence est également une caractéristique des points de vue exprimés sur les questions relatives à l’alimentation : tout en étant conscientes de ce que sont des pratiques alimentaires équilibrées, les personnes interrogées adoptent un comportement alimentaire plutôt indulgent et pragmatique.
Le livre « Doing Identity in Luxemburg : Subjektive Aneignungen – institutionelle Zuschreibungen – sozio-kulturelle Milieus » est paru chez l’éditeur Transcript (Bielefeld, Allemagne), dans la série « Pratiques sociales et culturelles », ISBN 978-3-8376-1448-0. Il est disponible en librairie au prix de 29,80 Euro. Il devrait paraître plus tard en français chez l’éditeur Berg International, Paris. Pour davantage d’informations sur ce projet de recherche vous pouvez consulter le lien www.ident.ipse.uni.lu.

Contacts:

Rachel Reckinger (Tel. +352 46 66 44 6626) et Christian Wille (Tel. +352 46 66 44 6627)
Courriel: ident@uni.lu

Données de publication :

IPSE – Identités, Politiques, Sociétés, Espaces (Hg.): Doing Identity in Luxemburg: Subjektive Aneignungen – institutionelle Zuschreibungen – sozio-kulturelle Milieus. Bielefeld, transcript, Reihe Kultur und soziale Praxis, 2010, 302 S., kart., 29,80 Euro, ISBN 978-3-8376-1448-0