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Brain Prize 2018 : le Prof. Michel Goedert parmi les lauréats

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Publié le mardi 06 mars 2018

La Lundbeck Foundation au Danemark annonce que quatre chercheurs en neurosciences travaillant au Royaume-Uni, en Belgique et en Allemagne ont reçu ce mardi, 6 mars 2018 le plus prestigieux prix de la recherche sur le cerveau. Le Brain Prize 2018 a été conféré à Bart De Strooper (Londres et Leuven), Michel Goedert (Cambridge), Christian Haass (Munich) et John Hardy (Londres) pour leurs travaux fondamentaux sur les bases génétiques et moléculaires de la maladie d’Alzheimer.

Le Brain Prize est doté de 1 000 000 €. Il est remis annuellement à un ou plusieurs chercheurs internationaux en reconnaissance de leur contribution exceptionnelle aux neurosciences.

Les quatre lauréats européens (texte en anglais) sont les pionniers d’une recherche qui a révolutionné notre compréhension des altérations qui dans le cerveau mènent à la maladie d’Alzheimer et d’autres types de démence semblables. En Europe, environ 10 millions de personnes souffrent de la maladie d’Alzheimer qui avec d’autres maladies neurodégénératives du cerveau âgé sont à l’origine de beaucoup de souffrance pour les patients et leurs familles et représentent un énorme défi pour nos sociétés. Les lauréats du Brain Prize de cette année ont fait des contributions essentielles pour élucider les bases génétiques et moléculaires de la maladie d’Alzheimer qui seront à la base de nouvelles méthodes pour diagnostiquer, traiter et peut-être même prévenir cette maladie et d’autres similaires.

Le professeur luxembourgeois Michel Goedert est chef de programme au Laboratoire de biologie moléculaire du Medical Research Council à Cambridge, en Angleterre, et professeur honoraire de la prestigieuse Université de Cambridge. Ses travaux sur le tissu cérébral humain et celui de souris transgéniques, des cultures de cellules et des protéines purifiées a été à la base de la découverte, accueillie avec beaucoup de scepticisme au départ, de l’importance de la protéine Tau dans le développement de la maladie d’Alzheimer. Quand Tau se comporte de manière anormale, elle s’assemble en filaments et devient insoluble. Un processus pathologique menant la protéine Tau d’une forme soluble à une forme filamenteuse insoluble semble être la cause de la dégénération neurologique. Différents filaments de Tau sont reliés à différentes maladies neurodégénératives outre celle d’Alzheimer, comme la maladie de Pick ou la paralysie supranucléaire progressive. Ses travaux les plus récents ont montré que les amas de filaments Tau peuvent se propager le long des chemins nerveux. « À la fin, peut-être des décennies après ce début de propagation, les premiers symptômes de la maladie peuvent apparaître », déclare le Prof. Goedert. « C’est pourquoi en empêchant la propagation on pourrait éventuellement prévenir et traiter la maladie. »

Le Prof. Goedert s’est déclaré très honoré – et surpris – de recevoir le Brain Prize 2018 et il a souligné l’importance de la recherche sur la maladie d’Alzheimer dans le vaste champ de la neuroscience. « S’il y a actuellement une grande déception concernant l’absence de traitement effectif pour la maladie d’Alzheimer, il semble clair que nous avons besoin d’une compréhension plus détaillée des mécanismes de cette maladie. »

L’Université du Luxembourg exprime quant à elle sa fierté de compter le Prof. Michel Goedert parmi les membres de son Conseil de gouvernance depuis sa création en 2003. Le président du Conseil, Yves Elsen, souligne l’importance pour l’Université de pouvoir compter sur l’apport de l’expérience de chercheurs luxembourgeois internationalement reconnus comme Michel Goedert, qui guident l’Université du Luxembourg dans ses choix stratégiques. Le recteur de l’Université, Stéphane Pallage, salue également l’attribution de ce prestigieux prix à un chercheur luxembourgeois qui a trouvé le temps, à côté de son énorme contribution scientifique, de s’engager pour l’Université du Luxembourg qui lui est chère. Le Prof. Goedert lui-même déclare que son appartenance au Conseil de gouvernance de l’Université est une expérience qui a été et continue à être, à divers titres, très positive pour lui.

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Communiqué par la Lundbeck Foundation (texte en anglais) & l'Université du Luxembourg.

© Michel Brumat / Université du Luxembourg