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Comment encourager les femmes à s’intéresser aux sciences ?

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Publié le jeudi, 08 juin 2017

Encore aujourd’hui, les femmes sont moins nombreuses que les hommes dans les filières scientifiques et l’Université du Luxembourg n’y échappe pas, avec par exemple seulement 25% d’étudiantes inscrites en bachelor scientifique. Comment expliquer cette situation et comment y remédier ? Un panel d’experts s’est penché sur la question lors de la table ronde « Les sciences ont besoin de femmes ! » qui s’est tenue le 30 mai 2017 à l’Abbaye de Neumünster. 

Animée par Christophe Langenbrink, journaliste au Luxemburger Wort, la table ronde a réuni quatre experts du monde académique Marie-Agnès Bernardis, Chargée de mission égalité, coordinatrice du projet Hypatia, Universcience ; Isabelle Gallagher, Professeure de mathématiques à l’Université Paris - Diderot, Hugo Parlier, Professeur de mathématiques à l’Université du Luxembourg et Tonie van Dam, Vice-Rectrice pour les questions de genre à l’Université du Luxembourg.

Image, de gauche à droite : Christophe Langenbrink, Tonie van Dam, Isabelle Gallagher, Hugo Parlier et Marie-Agnès Bernardis

Les chiffres clés échangés en premier lieu ont permis de dresser le paysage actuel. Au Luxembourg, les filles sont majoritaires dans l’enseignement classique (54%) et les études supérieures (53%), elles présentent des taux de réussite supérieurs aux garçons dans la quasi-totalité des sections et divisions mais restent sous représentées dans les sciences. En France, les filles sont quasiment aussi nombreuses que les garçons en section scientifique (46%) avant le baccalauréat mais ne poursuivent pas ensuite une carrière dans les sciences, excepté en biologie et médecine. En Europe, seulement 33% des chercheurs employés sont des femmes. 

Pour expliquer une telle situation, les intervenants ont notamment mentionné les images et représentations qui nous entourent depuis l’enfance, qui façonnent notre vision et créent ainsi des stéréotypes. Par exemple, dans de nombreux manuels et films, les femmes sont sous représentées et apparaissent le plus souvent comme ayant des difficultés et un manque de confiance en elles dans les matières scientifiques.

Pour tenter de renverser cette tendance, plusieurs initiatives ont déjà été prises pour éviter de décourager les femmes de s'intéresser aux matières scientifiques. Initié en 2015, le projet européen Hypatia, du nom d’une mathématicienne, philosophe et astronome grecque, vise à promouvoir les études et carrières scientifiques auprès des filles en Europe. Financé dans le cadre du programme Horizon 2020, il propose une boîte à outils en ligne composée de 15 activités à destination des jeunes de 13 à 18 ans.

Par ailleurs, les politiques volontaristes ont été évoquées pour prendre des mesures incitatives. Le Haut Conseil à l’Egalité entre les femmes et les hommes (HCE) a, par exemple, publié en octobre 2015 le « Guide pratique pour une communication publique sans stéréotype de sexe » dans lequel figure une série de recommandations pour une communication égalitaire. De même, la loi du 22 juillet 2013 sur l’enseignement supérieur et la recherche inscrit la parité dans toutes les instances de gouvernance. Cet exemple a soulevé la question des quotas et les avis étaient partagés entre la nécessité de recourir à cette mesure pour faire avancer les choses et les difficultés voire aberrations qui peuvent en découler. Ainsi, des politiques volontaristes mais mesurées sont préférables.

La table ronde a permis de faire le point sur la situation actuelle et d’envisager des pistes pour inciter les femmes à se lancer dans des carrières scientifiques. Isabelle Gallagher a ensuite présenté la conférence sur le thème "Probabilités, irréversibilité et propagation du chaos" afin de montrer la nature probabiliste lorsque l’on observe un objet physique.

Plus d’informations : http://math.uni.lu/outreach/filles