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Resserrer les liens entre recherche et développement clinique

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Publié le jeudi 17 décembre 2020

La pandémie de COVID-19 a montré que la recherche translationnelle est essentielle pour lutter contre le coronavirus. En utilisant des techniques de laboratoire de pointe pour étudier les échantillons prélevés sur des patients, elle permet de rapidement tirer parti des découvertes scientifiques pour développer de nouveaux traitements, dans un processus qui va de la paillasse du laboratoire au lit du patient (« bench to bedside » en anglais). Il existe au Luxembourg une excellente recherche transversale et translationnelle, couvrant plusieurs domaines et différentes maladies, qui intègre des résultats scientifiques interdisciplinaires afin d’améliorer de manière tangible la prise en charge des patients.

Dans ce contexte, l'Université du Luxembourg et le Luxembourg Institute of Health (LIH) ont créé une première plateforme interinstitutionnelle : la Disease Modeling Screening Platform (DMSP), une infrastructure dédiée à la recherche translationnelle. Cette plateforme est l'un des instruments de l'accord bilatéral récemment signé entre l'université et le LIH qui favorise la participation à des projets et programmes de recherche communs, le co-développement de plateformes de recherche, la création de groupes de recherche interinstitutionnels et la collaboration en matière de formation doctorale.

La dimension et l'objectif translationnels du DMSP se reflètent pleinement dans son administration et la composition de ses membres de personnel, qui tirent parti de l'expertise du LCSB d'une part, et des groupes de recherche du LIH Personalized Drug Discovery et Transversal Translational Medicine (TTM) d'autre part. Le DMSP est actuellement dirigé par le Dr Yong-Jun Kwon (LIH), chef de l'unité Early Drug Discovery Platform of the Personalized Drug Discovery , qui supervise la mise en œuvre de plusieurs programmes de dépistage de drogues au LIH, tandis que le Prof. Rejko Krüger, professeur pour les neurosciences à l'Université et directeur de TTM au LIH, est impliqué dans la plateforme depuis sa conception initiale.

En effet, l’origine de cette plateforme remonte à 2014, lorsque le professeur Krüger a rejoint le Luxembourg Centre for Systems Biomedicine (LCSB) de l'Université du Luxembourg grâce au programme PEARL du Fonds national de la recherche (FNR). Son objectif : resserrer les liens entre l’aspect clinique – les soins aux patients – et la recherche fondamentale, et améliorer notre compréhension de la maladie de Parkinson. L’idée de départ était de créer une approche centrée sur les patients et d’utiliser des modèles cellulaires dérivés au laboratoire à partir d’échantillons collectés chez des patient pour développer de futurs traitements contre la maladie de Parkinson. En 2016, une plateforme automatisée est venue compléter ce dispositif en permettant de chercher des composés neuroprotecteurs, via un système de criblage cellulaire, parmi un répertoire de médicaments déjà approuvés (« drug repurposing »).

Aujourd'hui, l'ambition de la collaboration entre le LIH et l’université autour de cette plateforme DSMP est de pérenniser la recherche translationnelle. En accord avec cette vision transversale, la plateforme ne se limitera plus à la maladie de Parkinson. Elle soutiendra également des projets de recherche dans divers domaines, tels que le cancer et le traitement de la douleur. Le partenariat interinstitutionnel étroit et la confiance régnant entre le LIH et l'Université assurent ainsi la cohérence et l'intégration des activités de DMSP au sein des unités LIH concernées et au sein du LCSB, permettant ainsi le caractère transversal innovant de la plateforme.

« En utilisant des modèles dérivés de cellules souches, nous pouvons tester un large répertoire de médicaments déjà approuvés par la FDA (Food and Drug Administration). Le but est de pouvoir réutiliser des composés existants, qui ont été initialement validés pour un usage spécifique, afin de traiter des patients présentant un autre type de problème. L'aspirine, par exemple, a été développée pour les maux de tête mais peut également être utilisée pour prévenir les accidents vasculaires cérébraux », explique le professeur Krüger.

Les modèles cellulaires utilisés en laboratoire permettent de comprendre et d’agir sur les voies moléculaires impliquées dans les maladies. « Lorsque nous observons qu'une protéine manque chez les patients, par exemple, nous recherchons des composés susceptibles de réactiver la synthèse de cette protéine. Ou, si nous savons qu'un récepteur moléculaire joue un rôle dans une maladie, nous nous intéressons aux médicaments qui pourraient spécifiquement activer ce récepteur », explique le professeur Krüger.

« Les efforts unis entre nos groupes de recherche au LCSB et au LIH, ainsi que la capacité et la volonté des membres des deux instituts à fonctionner comme une équipe, nous ont permis de mettre en place le DMSP comme la première plateforme de dépistage interinstitutionnel réussie au Luxembourg. Je suis convaincu que notre approche continuera à fournir des résultats percutants d'un intérêt translationnel précieux », déclare le Dr Yong-Jun Kwon, chef du DMSP.

« Nos institutions ont une ambition commune : faire du Luxembourg un centre d'excellence reconnu en matière de recherche et d'innovation et offrir une éducation de qualité aux étudiants. Pour y parvenir, il est essentiel de collaborer et mettre en commun nos expertises », déclare le professeur Jens Kreisel, vice-recteur à la recherche de l'université.

« L’accord-cadre entre le LIH et l’Université du Luxembourg s'appuie sur la confiance et le respect profonds entre nos institutions, leurs dirigeants et leurs chercheurs, qui se sont construits au sein de Research Luxembourg, en particulier pendant la pandémie », déclare le professeur Ulf Nehrbass, CEO du LIH. « C’est cette coordination et cette synergie qui assureront la compétitivité internationale dans les années à venir. »

© Photos : Science Relations