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La momie Ötzi présente des marqueurs génétiques stables

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Publié le jeudi, 16 février 2017

Dans une étude récente, des chercheurs de l'Université du Luxembourg, de l'Université de la Sarre et du centre de recherche d'EURAC à Bozen ont réussi à isoler et à identifier des biomarqueurs stables de microARN dans la momie des glaces « Ötzi », âgée de 5 300 ans.

Les molécules microARN sont des fragments d'acide ribonucléique (ARN) qui jouent un rôle central pour la régulation des gènes. Bien que ces molécules soient stables dans les tissus, leur stabilité sur une longue période de temps n’était pas connu. C'est pourquoi la Dr Stephanie Kreis de l'Université du Luxembourg, les professeurs Andreas Keller et Eckart Meese de l'Université de la Sarre, le professeur Albert Zink et Frank Maixner d'EURAC Research à Bozen ont relevé le défi.

Les scientifiques ont pris des échantillons de la peau d'Ötzi, de son estomac, et du contenu de l'estomac. « Le premier défi était d'extraire ce matériel génétique en quantité significative et de qualité suffisante », rapporte Stephanie Kreis, qui a isolé les microARN à l'Université du Luxembourg. « Ensuite il fallait l’analyser et la quantifier avec les méthodes les plus récentes. Certaines des molécules repérées se trouvent principalement dans les tissus anciens. Mais d’autres biomarqueurs qu’on retrouve dans l’humain aujourd’hui n'ont pas été trouvés chez Ötzi. » Selon le professeur Zink, les microARN d'Ötzi seront les prochaines molécules à subir un examen intensif.

Les chercheurs ont trouvé de courtes molécules d'acide ribonucléique (microRNA), même chez des momies comme Ötzi.

 

« Notre enquête prouve que nous pouvons analyser des microARN même après des milliers d'années », explique Andreas Keller, professeur de bioinformatique clinique à l'Université de la Sarre qui a coordonné l'étude.

Les biomarqueurs sont des attributs biologiques qui peuvent donner aux médecins ou aux scientifiques des indices sur l'état de santé ou les maladies d'un patient. Les scientifiques placent un grand espoir dans les microARN, un nouveau type de biomarqueur remarquable par leur très haut niveau de stabilité.

Un nouvel outil thérapeutique ?

Le professeur Meese, directeur de l'Institut de génétique humaine de l'Université de la Sarre, explique pourquoi la stabilité de ces biomarqueurs est importante pour les gens d'aujourd'hui : « Il est vital pour les applications cliniques. Il est évident que les microARN ont un potentiel beaucoup plus grand que ce que nous pensions. Nous ne connaissons pas encore assez la manière dont ces molécules influencent des gènes ou des réactions biochimiques. Lorsque nous avancerons dans la recherche, il est possible que les microARN deviennent les nouvelles vedettes en thérapie. Mais il reste encore beaucoup de travail », conclut le professeur Keller.

L'Université du Luxembourg est l'une des rares institutions dans la région travaillant avec les microRNA. L'équipe de recherche du Dr Kreis analyse ces molécules dans le système cellulaire et les échantillons de sang de patients atteints de cancer, pour savoir quel rôle elles jouent exactement dans les cancers de la peau (mélanomes) et si les microARN peuvent être utilisées pour prédire le cancer.

Plusieurs faits ont déjà été scientifiquement prouvés au sujet de la momie des glaces, connue sous le nom de « Iceman » ou « Ötzi », trouvée dans les Alpes d'Ötztal (Tyrol du Sud) en 1991. Les technologiques de l'image ont montré une dégénérescence dans sa colonne lombaire et une blessure de flèche fatale dans son épaule gauche. Des analyses d'ADN ont montré que l’homme de glace était intolérant au lactose, avait des yeux bruns et un groupe sanguin 0.

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Publication : miRNAs in ancient tissue specimens of the Tyrolean Iceman